Tribune de Bruno Gourévitch publiée dans La Tribune le 24 octobre 2026 : une crise cyber peut se présenter d’abord comme une panne technique, et la réponse multisite se prépare avant l’incident.
Stuxnet, Ukraine, Triton, Colonial Pipeline, Lviv, Bremanger : seize ans d’attaques contre les équipements industriels et leurs enseignements.
Un rapport de police britannique citait un match inventé par Copilot. Ce que révèle ce cas et les règles à fixer avant l’urgence pour encadrer l’IA en cellule de crise.
Une attaque contre un équipement technique se présente d’abord comme une panne. Ce que l’attaque des régulateurs frigorifiques de centaines de supermarchés impose à la cellule de crise.
Protéger les actifs ne suffit plus. Face aux black-out et aux sabotages, la directive REC impose de démontrer qu’une organisation peut maintenir l’essentiel sous contrainte.
Une panne électrique devient une crise d’organisation lorsqu’elle fait tomber les moyens mêmes prévus pour gérer la crise. Un exercice national consacré à un black-out est prévu en 2027.
Quatre administrations françaises ont reconnu des intrusions cet été, de l’ANTS à la DGFiP. Dans presque tous les cas, l’attaquant n’a pas forcé les lignes de défense : il est entré par un compte disposant déjà de droits légitimes.
De Los Angeles à l’Australie, de Paradise à Lahaina, les mégafeux qui frappent des zones habitées mettent partout les systèmes de santé face aux mêmes épreuves. Les réponses diffèrent, les points de rupture se ressemblent.
Le plus vaste feu de forêt qu’ait connu la France depuis 1949 a contraint plus de 220 000 personnes à quitter leur domicile et provoqué l’évacuation de dizaines d’établissements de santé. Le système de soins girondin a improvisé, s’est réorganisé, puis a tenu.
La résilience du dirigeant ne se mesure pas à son tempérament. Une crise courte se gère avec des nerfs solides. Une crise longue se gère avec un dispositif.
Dans les premières heures d’une crise, la communication est une arme à double tranchant. Mal utilisée, elle amplifie la crise. Bien conduite, elle protège.
Un hôpital ne s’arrête jamais. Cyberattaque, rupture d’approvisionnement, inondation, panne électrique, attentat : les établissements de santé encaissent sans pouvoir suspendre leur activité.
Une cyberattaque majeure ne donne pas de signe avant-coureur. Elle commence souvent par une anomalie discrète, détectée trop tard. Ce qui fait la différence tient à la vitesse et à la clarté de l’activation.
La directive européenne sur la résilience des entités critiques introduit un changement de logique, pas seulement de périmètre. Une infrastructure peut être mise à l’arrêt sans être elle-même attaquée.
La première heure est souvent déterminante. C’est dans ce temps très court que l’entreprise doit protéger, décider et prendre la parole, sans attendre une vision stabilisée de la situation.
Ferry norvégien, bus de la RATP, parkings souterrains : les incendies de batteries lithium imposent des réflexes que peu d’organisations ont anticipés, du confinement des fumées au retrait préventif d’une flotte.